Bénin Les mécontents de la politique de Talon dans la rue

Des manifestants devant la bourse du travail à Cotonou

Grogne sociale au Bénin après le licenciement de milliers de travailleurs. Ce jeudi,  licenciés, syndicalistes et opposants politiques réunis au sein du front pour le sursaut patriotique sont descendus dans la rue à Cotonou pour dénoncer la liquidation des sociétés d’Etat sans aucune mesure sociale.

Bourse du travail de Cotonou. Les mécontents de la République se sont regroupés ici pour démarrer leur marche de protestation contre les réformes antisociales du pouvoir Talon. Il est facile de lire leurs revendications sur les différents messages rédigés. Ferdinand est depuis ce jeudi chômeur alors que jusqu’à la veille de cette marche il travaillait à Libercom, la société publique de téléphonie mobile. En conseil des ministres du mercredi 21 juin 2017, le gouvernement  a décidé de la dissolution de cette entreprise publique.

Ferdinand Hounkpè, Travailleur licencié explique « Nous avons fait ces projets qu’ils ont rejetés du revers de la main puisque la ministre nous avait dit qu’il y a trois options soit on liquide la maison, soit on fait un partenariat, soit l’Etat injecte des sous pour réveiller la maison. La dernière option a été écartée car ils disent que l’Etat n’a pas les sous à investir. Il reste maintenant les propositions du partenariat  et de liquidation. Mais ils ont préféré la dernière. Je ne sais pas pour quelle raison. »

Dans ce mouvement de contestation des liquidations prononcées tous azimuts, l’on retrouve des anciens hauts fonctionnaires de l’Etat.  Alassani Tigri est l’ancien secrétaire général du gouvernement de Boni Yayi. Au nom des FCBE, les forces cauris pour un Bénin émergent, parti politique membre du Front pour le sursaut patriotique, il est venu manifester.  Alassani Tigri, Ex-secrétaire général du gouvernement de Boni Yayi  dénonce les méthodes du nouveau régime

« On se rend compte que le pouvoir actuel est absolument liberticide. Le pouvoir actuel se préoccupe très peu de l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations. La belle preuve, la SONAPRA est dissoute. Hier encore en conseil, comme si cela se ne suffisait pas, comme si les populations ne souffraient pas suffisamment, vous l’avez entendu, LIBERCOM est autres sont voués à la privatisation. Et nous avons le sentiment que les ressources de cette privatisation ne concourent au développement de la nation mais sont accaparées par le groupe qui se trouve actuellement au pouvoir. »

Pendant plus de trois heures d’horloge, les marcheurs ont crié leur désarroi dans les rues de Cotonou avant d’atteindre leur point de chute : la place de l’Etoile rouge.  »

Cette marche ne sera pas la dernière, ont-ils martelé. Si Patrice Talon n’abandonne pas ces réformes qui conduisent au chômage, il n’aura pas non plus la paix dans le pays, lui ont-ils promis.

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