Cameroun : Kembong, un village séparatiste ravagé par les gendarmes

Cameroun : Kembong, un village séparatiste ravagé par les gendarmes

 Dans les zones anglophones du Cameroun, le plus grand village du département de la Manyu dans le Sud-ouest s’est vidé de ses habitants. Plus de la moitié des maisons ont été brulé par les militaires camerounais en représailles à l’assassinat de 4 gendarmes au mois de Décembre. Aujourd’hui, le village est devenu fantôme, tout est abandonné. Cette partie anglophone voit de jour en jour sa population se vider et pour cause l’enlisement de la crise. Depuis que les combats opposent les séparatistes à l’armée camerounaise, ils sont par milliers à prendre la route de la forêt, des villes comme Bamenda, Douala, Bafoussam, Yaoundé et le Nigeria voisin.

Kembong, le cœur de la contestation anglophone est le premier village à donner le ton le 4 décembre dernier. Plusieurs gendarmes ont été tués par des séparatistes. Le bataillon d’Intervention Rapide de l’armée et les gendarmes ont débarqué dans le village pour une vengeance contre les villageois. Ils leurs reprochent de cacher les armes et de supporter les séparatistes. Sur leur passage, ils ont détruit des maisons en mettant le feu à 3/4 des habitations. Une situation qui a poussé plus de 6000 habitants à déserter le plus grand village de la Manyu et plus grand producteur de cacao.

Aujourd’hui, c’est un Kembong, sec, désert sans vie qui nous accueille. Quelques sexagénaires qui n’ont pas pu s’échapper restent encore dans le village. Ici, seul circule des animaux de compagnies. Depuis l’arrestation des leaders anglophones, l’atmosphère est tendue dans ces parties anglophones, rythmée aussi par des attaques que des villes mortes. Les habitants exigent toujours la libération de tous ceux qui sont arrêtés dans le cadre de cette crise, y compris des leaders pour un début de dialogue inclusif.

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