Décryptage: RDC: Et si Joseph Kabila avait raison !

Joseph Kabila Président de la RDC. Photo DER SPIEGEL

Le président de la république démocratique du Congo, joseph Kabila a accordé une interview à pensé-ouverte ce samedi 3 juin 2017 dans l’après-midi à deux éditeurs du magazine allemand DER SPIEGEL . Cet échange a duré près de deux heures . L’interview accordée à la presse internationale est l’une des rares et la grande depuis six ans. Kabila s’exprime en anglais et se détend sur beaucoup des sujets, lui qui n’est pas bavard et exubérant. A la question de savoir s’il tient à sa promesse d’organiser les élections avant la fin de cette année 2017 :

Joseph Kabila donne une réponse choc : « Je n’ai rien promis du tout ! Je souhaite organiser des élections aussi vite que possible mais, nous voulons des élections parfaites ; pas n’importe quelles élections ! Vous pouvez organiser des élections tous les jours, même demain mais, quel sera le résultat d’élections chaotiques ? Le chaos » 

Une expression a surpris toute opinion, le président congolais répond : « Je n’ai rien promis du tout ! » Puis à mainte reprise, il renvoi la responsabilité à la commission électorale nationale indépendante (CENI) qui a le soin d’organiser ces élections. Arrêtons nous sur la phrase choc et suscitons des interrogations, Kabila a t-il promit d’organiser des élections cette année ? Kabila est t-il habileté à organisé les élections et que peut être sa promesse en ce moment précis : l’organisation ou le financement ?

Au cours de l’interview joseph Kabila s’est étalé sur 5 grands points : son bilan pendant les seize ans de présidence, la tenue du scrutin présidentiel cette année, une possible révision de la constitution par référendum, le dossier de son opposant Katumbi en exil et enfin les dernières sanctions européennes.

Du dialogue de la saint sylvestre signé le 31 décembre 2017 entre les délégués de la majorité Kabiliste et l’opposition est sorti un accord global et inclusif qui comporte quatre lignes délicates : l’organisation des élections d’ici le 31 décembre 2017, la non représentation du président Kabila pour un troisième mandat, la non tenue d’un référendum pendant cette période de transition et le maintient de Kabila comme président jusqu’à l’élection puis l’investiture du nouveau président élu. Le dialogue du centre interdiocésain ainsi que le choix des évêques pour jouer à la médiation est une décision personnelle de joseph Kabila. Aussi, les délégués à ces assises en face de l’opposition sont tous membres de la famille présidentielle du Chef de l’Etat et les résolutions de ce dialogue lui ont été remises en mai propre par les évêques. Encore, quand il s’agissait des divergences persistantes entretenues par les délégués de la majorité présidentielles, les évêques rencontraient le chef de l’état en personne pour une solution direct.

Sur ces point, Joseph Kabila est tuteur moral de tout les actes engagé par ses délégués ainsi les évêques mais, comme à chaque fois ce qui semble avéré, Joseph Kabila s’est toujours isolé quand il s’agissait de contresigner tout document sorti de ce dialogue du centre interdiocésain, fuyant proprement d’engager sa personne qui pourrait être rattrapé par sa signature un autre jour, gardant ainsi sa langue libre de nier toute promesse.

Or lors de sa visite le 25 juin 2016 à Kalemie dans le Tanganyika, il a été même capable de dire précisément le mois pendant lequel les opérations d’enrôlement vont débuter en RDC avant que la CENI elle même annonce la date du 31 juillet.

Pourtant dans l’interview Kabila avertit Je n’ai rien promis du tout ! Qu’est ce que Kabila dit n’avoir pas promis, les élections ? Ou la date des élections prévue par l’accord d’ici le 31 décembre 2017 ? Quoi qu’il en soit, logiquement, Kabila ne peut rien promettre quant à la date des élections. Seule la CENI, organe technique peut dire exactement quand aura lieu ces élections, Joseph Kabila ne peut lui  que s’assurer que son gouvernement financera totalement ces élections.

Donc J. Kabila peut avoir raison de ne pas promettre des élections, parce que celles ci ne dependent pas de lui, comme a expliqué le professeur Muayila Tshiemba dans l’émission Dialogue entre congolais sur Radio Okapi le mercredi dernier.

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